Déjà, au mois de janvier dernier, le procès avait fait coulé beaucoup d’encre.
Tous les ingrédients d’une histoire à scandale étaient réunis. Dans le coin rouge, Lola, ancienne conjointe de fait d’un richissime homme d’affaire montréalais. S’estimant lesée par le règlement de sa séparation, elle porte sa cause devant les tribunaux et revendique ce qui aurait dû lui revenir si elle avait été mariée. Non contente d’une pension alimentaire avoisinant les 420 000$ net par année, de sa maison de 2,5 millions, de son jardinier, de son cuisiner, de ses 2 nounous et de son chauffeur, Lola exige 56 000$ mensuellement pour combler ses besoins plus un montant de 50 millions de dollars.
Dans le coin bleu, ce richissime homme d’affaire Québecois dont on doit taire l’identité.
Bref, un vrai cirque tout ça.
Il y a de cela quelques jours tombaient le verdict, Lola se voyait déboutée. Terrible nouvelle. Par la bouche de son avocate Me Anne-France Goldwater, Lola proclamme se battre pour « la dignité humaine » des femmes et passe à la cour d’appel.
Sortie de son contexte, toute la petinence de cette histoire se révèle. En effet, pourquoi une femme qui s’est sacrifié pour sa famille en mettant de côté ses ambitions professionnelles et son indépendance financière devrait être pénalisée lors d’une séparation sous prétexte qu’elle n’était pas mariée?
D’autant plus que le Québec demeure la seule province où les conjointes de fait ne bénéficent d’aucune protection. Et oui, pour une femme séparée issue d’un milieu socio-économique défavorisée, le débat s’impose.
Lola au secours de milliers de femmes laissées pour compte, difficile à croire. N’empêche que si le débat qu’elle a lancé sur la place publique débouchait sur des gains substanciels pour ces mères séparées dont le seul crime aura été d’avoir ignoré la loi, ma perception de Lola passerait certainement de l’amusement à la reconnaissance.